Description du projet

Portrait d’une militante :  NORA  Factrice à Argenteuil,  représentante  syndicale

Nora , avec ses collègues et ses camarades de la CGT, vient de sortir d’une longue grève de 43 jours au bureau central de la poste. Pour cette jeune syndicaliste ce fut son premier conflit aussi dur. Au bout, la victoire, avec le recul de la direction : les 11 postes réclamés seront obtenus le 23 mars.

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Nora  vit  à Argenteuil, elle y est née.  Elle fera ses études,  travaillera jeune, d’abord employée de maison, puis  durant  un an elle ira  porter la pub de la poste dans les boîtes à lettres.  Depuis 5 ans elle est  factrice. Elle est   salariée de la poste de droit privé, pour 1200€ net par mois, un salaire qui n’est pas mirobolant dira-t-elle.  Elle travaille comme factrice sur la dalle (quartier sensible), dépendant  du   bureau de poste central d’Argenteuil. Elle n’a donc pas  le statut de  fonctionnaire. Elle a trois enfants, un jeune de 21 ans, sa fille de  15 ans et le dernier est en CM2. Il a 10 ans.

Pour elle,  l’école c’est important :

« L’école pour moi c’est l’avenir c’est l’instruction c’est la base de la vie, j’ai toujours recommandé à mes enfants  de lire, on  a fait les efforts nécessaires pour qu’ils puissent étudier. Maintenant  mon aîné  passe son BTS  patrimoine et histoire, pour être interprète- guide, ma fille travaille bien elle est au lycée en seconde, et veut passer en 1 ère S. »

D’origine algérienne son père viendra à l’âge de 16 en France dans le années 60 :

« Il a connu le bidonville de Nanterre,  le train qui venait sur Argenteuil, les gens que l’on jetait comme ça sans rien, il ne savait ni lire ni écrire, il a pris de cours, fait de stages,  il a appris. Nous, mon frère et moi qui étions, à l’époque,  les derniers  d’une famille qui comptera  6 enfants,  on l’aidait on allait à l’école et le soir on l’entraînait,  il a appris avec nous aussi, on se demandait pourquoi il avait des devoirs comme  nous à la maison. Voilà sans doute pourquoi j’aime lire »

Le syndicalisme Nora a toujours baigné dedans :

« A la maison je me souviens jeune, mon père nous parlait de la CGT, il nous disait  qu’il avait sa carte qu’il faisait la grève, nous on avait peut qu’il perde son travail. Il nous disait : s’il y a un syndicat  qui défende les salariés et qui   est combattif c’est la CGT ; il nous disait : quand  vous serez des travailleurs, syndiquez  vous, on l’a écouté 4 de  ses 6 enfants sont syndiqués,  pour lui la CGT c’était  le syndicat  des ouvriers, il nous boostait. »

« J’ai commencé  à militer  peut être lors des grandes grèves et manifs avec la loi fillon, j’ai fait aussi les  manifestations du CPE.  j’allais discuter  avec les mamans à la sortie de l’école :  vous devriez prendre les poussettes aller en manif c’est vos jeunes qu’on  , c’est leur avenir  qu’ils bousillent » Et c’est vrai , qu’ il ya eu des cars sur Argenteuil avec des mères de familles pour aller avec les jeune set les salariés  contre le gouvernement Villepin a du retirer  son CPE devant la montées des jeune set la jonction avec les travailleurs. » 

Et puis il a fallu reconstruire le syndicat à la poste :

« Il ya 10 ans  il n’y avait plus rien comme CGT  à la poste sur Argenteuil, les gens ne voulaient plus se battre, j’ai souvent fait grève toute seule et puis petit à petit on a remonté le syndicat, année après année.    Mon mari est à la CGT dans une  boîte placo -plâtre, le syndicat c’est beaucoup d’humanité c’est discuter aussi avec les gens.

Elle raconte la grève de 43 jours,  l’organisation de ces femmes factrices, pour assurer tous les matins le piquet de grève à 7h.  Ce qui a mis le feu aux poudres ?  La déclaration de la directrice fraîchement nommé pour faire rentre dans le rang les postiers d’Argenteuil et  imposer la sécabilité qu’ils avaient   refusée en bloc. : «  soit vous êtes des travailleuses et donc il faut faire le travail soit vous êtes des mères de famille et alors vous restez chez vous avec vos enfants » !

« Durant la grève on s’appelait mutuellement,  tous les soirs. J’avais un forfait illimité pour les  sms alors tous les  jours 44 collègues avaient les infos en temps réel, si une flanchait  l’autre lui remontait le moral.  Et puis il ya eu discussion entre femmes : les temps partiels avaient  leur mercredi et gardaient les enfants des autres mères ce jour là, autrement on  s’arrangeait  auprès des familles,

Des  nourrices, des voisines …,  j’ai vu des mères venir à l’AG de grève avec leurs enfants.  On a un esprit révolutionnaire. Durant  ces 43 jours, on était 44 à être en grève. Pas une, pas un  n’a lâché. Pourtant on avait des femmes seules avec leurs enfants. Je me suis vu donner à manger à des gens. Entre nous on s’aidait. On se payait des choses. Le soutien de la population a compté aussi. »

 « Dans notre société c’est en luttant qu’on peut obtenir des choses c’est avec la lutte qu’on peut y arriver. Si je retiens une chose de cette grève je dirais, c’est l’union, la force que l’on a eue c’est d’être uni,  ce lien qu’on avait entre nous,  il existe toujours même 3 semaines après la grève, on bouge tous ensemble soudés sur c e qu’on veut : les 44. La direction en attaque une ou un alors ils se retrouvent avec les 44, alors  ça les fait hésiter. »

« Les personnes qui ont fait la grève avec moi l’ont vu, c’est l’union qui fait la force. Parce qu’à chaque fois on me disait : « La CGT va faire ceci cela… ».  Je répondais : Mais la CGT c’est trois lettres. S’il n’y a personne derrière, que fait la CGT ? Rien du tout. ».  Je leur ai fait comprendre, et maintenant ils ont compris. » « Oui je suis  à gauche, vraiment  de gauche, mon père  l’était  aussi.

Quand on voit la politique de Sarkozy, on n’a rien à faire à s’accoquiner avec lui,  c’est pour les  riches et nous les petites mains ce serait  encore à nous de payer pour les retraites.

Et puis je suis encore  jeune, j’ai 37 ans,  mais facteur c’est dur, c’est harassant, c’est physique, le poids les sacs le vélo, j’ai une collègue qui va partir à la retraite alors  la  direction  lui a donné pour sa tournée un vélo électrique … juste avant le départ en retraite, mais  elle a le dos bousillé …

Oui il nous faut l’union que ce soit pour les postes ou  pour défendre nos retraites Et avec  la loi de privatisation de la poste, ils veulent mettre en place une convention collective, pour licencier, remettre en  cause les pensions comme une boîte privée.  Avec mon salaire celui de mon mari on paie  800€ d’impôts et puis  les impôts locaux que la mairie a augmenté, 13% l’an dernier puis à nouveau  cette année 9 % ! Ils voudraient voler notre retraite je ne suis pas  d’accord je veux avoir ma pension, je veux m’occuper de mes futurs petits enfants.